| Divisées jusqu'à l'oubli au Moyen Age, les terres de St Martin appartiennent en 1214 aux frères Raimond et Pierre de Roquefixe. En 1270, les coseigneurs de St Martin étaient Jean Pierre et Raimond de Montagnac, Odet et Imbert de Roquefixe, Bernard et Aymeric de Roger. Les choses se compliquent avec les successions et l'introduction en 1352 de la famille Mallet. Le patrimoine s'unifie petit à petit, pas sans peine comme le démontre l'interminable procès qui opposa la famille de Brignac à la famille Reynard qui acquit le domaine en 1607. Il ne reste alors que les de Grave et les Reynard dont le gendre liquida les biens par la suite.
Le 28 avril 1700, la terre devenait la propriété de Jean de Reynes, vaillant guerrier en bonne place parmi les gloires de Montagnac. S'étant distingué dans plusieurs batailles, notamment aux cotés de Turenne, son courage et ses faits d'armes lui valurent des lettres de gentilhomme données par le roi en 1681. Sans héritier par ses fils, l'ancien mestre de camp vit sa descendance assurée par sa fille qui épousa François de Rey, officier au régiment de Navarre, puis bailli de Montagnac. Marie et François, nouveaux seigneurs de St Martin, eurent trois enfants. Antoine, l'aîné, reçut la portion de sa mère sur le fief de St Martin, dont elle était cohéritière avec son frère survivant. Ce qui créa, de 1748 à 1760, entre neveux et nièces les épineux problèmes d'une succession imbriquée dans un patrimoine partagée avec les de Grave.
Les de Grave, dont l'origine se perd dans la nuit des temps ou des écrits, "firent partie de ceux qui prouvèrent à Simon de Montfort que l'indépendance Languedocienne ne s'aliénait pas facilement... ce qui leur avait valu d'être dépossédés en 1231 de leurs biens sis dans les Corbières". L'un des descendants de cette famille, Bérenger, fonda une branche dans le Biterrois. Son petit fils Antoine était qualifié de seigneur de St Martin entre deux eaux et de Villeneuvette. De père en fils, les de Grave se passent le flambeau, leurs armes sont enregistrées comme "seigneurs de la garrigue". En 1761, la vente du domaine par les Rey s'étant avérée comme la seule solution convenable à des contestations sans fin, Pierre de Grave devient l'heureux acquéreur du fief et des droits attachés, avec l'engagement de payer quatre cavaliers au prince de Conti.
En 1787, les biens des de Grave furent déclarés biens nationaux et vendus comme tels.
Le 1er Ventose de l'an V du calendrier républicain, le citoyen Pierre Saphore, riche négociant Sétois, se propose pour l'acquisition du domaine, effective le 2 Frimaire. Le domaine fut conservé entier jusqu'a sa vente par la veuve de Saphore en 1817 à un aubergiste de Montagnac, Jean Nourrigat, père de dix enfant. En 1831, un Monsieur Fabry lui succède, puis une Madame Thomas, qui se sépare rapidement du domaine.
Le 9 juillet 1869, Jean Marie Alfred de Serre, marquis d'Alfonce et sa femme Antoinette de St Phalle achètent les 160 hectares de St Martin de la Garrigue pour 210 000 francs.Ils en goûtèrent les fruits plus que tout autre propriétaire, le marquis d'Alfonce de Serre devenant même maire de Montagnac. Des difficultés économiques grandissantes forcèrent en 1905 le marquis à consentir un bail à mi-fruit sur son bien qu'il perdit quand Monsieur Gouzet, adjudicataire du domaine, le vendit à Monsieur Ollier. Ce dernier vendit St Martin de la Garrigue à son tour, en 1921 au docteur Bergé. |